Claude Nicolas Collin

Il naît à Mirecourt le 24 décembre 1817 de Jean-Baptiste, cordonnier à Mirecourt, et de Claudine COLLARD ou CALLARD, originaire du Mont-Cenis. Cette dernière meurt le 25 juin 1823 (il n’a pas encore 6 ans). Son père se remarie 6 mois plus tard à Marie Elisabeth CHOLE, originaire de Rambervillers. Il deviendra tour à tour agent de police municipale, puis concierge de la mairie.

Sa tante, Marguerite Catherine COLLIN a épousé en 1798 Joseph Fourrier COUTURIEUX, marchand cirier et luthier de Mirecourt, devenant belle sœur de Jean-Claude CHEVRY de Bruxelles et de Jean-François BRETON. C’est probablement sous l’influence de cette famille COUTURIEUX, dont tous les membres se lancent dans la facture instrumentale que notre jeune Claude Nicolas épouse notre profession. Ses cousins COUTURIEUX plus âgés, sont déjà à l’établi et n’hésitent pas à s’expatrier de Mirecourt pour exercer leur art vers le sud de la France (Toulouse, Marseille, Montpellier, etc.).

Claude Nicolas COLLIN fait son apprentissage à Mirecourt, ce pourraît-être chez BRETON, puis part à Bruxelles où il réside en 1837 au moment de son incorporation. Il est décrit comme de faible constitution, mesurant 1m 72. Le 25 janvier 1841, âgé de 24 ans, il épouse Odile MEZIN, tapissière née le 31 décembre 1818 à Mirecourt, et comme je l’ai mentionné précédemment fille de luthier. A leur mariage, les témoins sont deux policiers, collègue du père, un oncle d’Odile, et Claude Joseph PATENOTTE, facteur d’archets, oncle de la mariée qu’on trouve comme témoin dans tous les actes de la famille MEZIN.

Si l’on étudie l’arbre généalogique de cette famille MEZIN, on constate qu’outre ce PATENOTTE facteur d’archet, parent, les deux tantes d’Odile ont épousé des luthiers : Marie Odile est épouse de Dominique BASTIEN, marchand d’instruments à Poussay, originaire de Marainville sur Madon, et Anne, épouse de François BERTRAND, Luthier né à Saint-Baslemont. L’environnement est propice.

Claude Nicolas COLLIN s’installe à Mirecourt en 1841 et y exerce jusqu’à son décès le 27 juillet 1864. Il voyage beaucoup, et on note des passeports à son nom le 23 avril 1848 et le 18 décembre 1849 pour Paris, le 27 juillet 1851 pour Le Havre avec sa femme et sa nièce, le 30 mars 1853 seul, le 3 juillet 1855 avec sa femme et son fils, toujours pour Le Havre et le 13 septembre 1856, pour la même destination. On peut rencontrer des instruments de lui ou sa signature (Claude Nicolas COLLIN ou COLLIN-MEZIN) dans des violons d’autres luthiers comme Nicolas VUILLAUME (Sainte Cécile) ou Nicolas François VUILLLAUME de Bruxelles. Comme élèves, outre son fils, il faut noter Claude-Augustin MIREMONT, né en 1827 à Mirecourt, fils d’un luthier de cette ville qui s’installe comme chacun sait à Paris.