Charles Jean Baptiste Collin-Mezin
Il naît à Mirecourt le 12 novembre 1841. Les témoins sont ses deux grands-pères. JB COLLIN est dit agent de police et tambour_major de la garde nationale, et Joseph MEZIN propriétaire vigneron. Au recensement de 1856, il a 15 ans et est dit apprenti luthier chez son père. On peut imaginer qu’il fut mis à l’établi très jeune, comme tout fils de luthier. Il habite à cette époque rue du champ de Mars chez ses parents. Le 8 septembre 1858, il part pour Paris (il a 17 ans, et c’est son père qui fait la demande de passeport), mais on ne sait chez qui il va. Il est de nouveau présent à Mirecourt 15 rue du Breuil pour ses vingt ans en 1861 (recensement et incorporation militaire), puis part chez Nicolas François VUILLAUME de Bruxelles, comme son père le fit avant lui. En 1864, il est de retour à Mirecourt où il épouse le 25 janvier Rose Félicité AUBERT, fille d’un teinturier de Meurthe-et-Moselle et de Félicité LENOBLE, originaire d’Haroué. Il demeure dans notre cité les deux années qui suivent.

Est-ce sous l’influence de la famille VUILLAUME ? Plus sûrement celle de MIREMONT installé en 1860, qu’il part  en 1867 à Paris et s’installe au 18 et 14 rue du Fg Poissonnière ou il reste jusqu’en 1876. C’est l’ancienne adresse de RAMBAUT qui est revenu passer ses vieux jours à Mirecourt, et le local est voisin de celui de l’ancien apprenti de son père, Claude Auguste MIREMONT. Les débuts sont difficiles si l’on en croit VIDAL (1889), mais il reçoit rapidement les témoignages d’estime des solistes SIVORI, MASSART, LEONARD, MAURIN, SAUZAY, FRANCHOMME, JACQUART, CHEVILLARD, MARSICK, TAYAU et même JOACHIM. C’est un très habile facteur, mais il est reconnu par tous comme un réparateur de premier ordre.
Sa femme revient mourir à Mirecourt en 1875, son fils Charles Louis a 5 ans. Il sera élevé à Mirecourt par sa grand-mère MEZIN.
Charles Jean-Baptiste se remarie à Paris avec Marie-Thérèse NIEU. Il déménage en 1876 au n° 10 et après 1891 au n° 29 de la même rue du Faubourg-Poissonnière.
A l’exposition universelle de 1878, il reçoit une médaille d’argent pour le vernis et la sonorité de ses instruments. Paul BAILLY, délégué ouvrier de Mirecourt, écrit : « La vitrine de M. COLLIN MEZIN offre un très joli coup d’œil, son vernis est d’une entière réussite » plus bref, Auguste VOIRIN estime que : « Les instruments sont d’un beau rouge assez foncé en neuf ». A l’exposition de 1889 il reçoit le même prix, mais un accident causé par un vice de construction des bâtiments avait endommagé ses instruments. Il reçoit également la même année une médaille d’or dont nous reparlerons, ainsi qu’en 1879.
En 1884, il est nommé officier d’Académie.
En 1896 , il est présent à Mirecourt au mariage d’une nièce XELOT avec Mr RAGOT, futur père des luthiers Jean Maurice et Lucien André. Sa signature est à ce moment la célèbre « Collin Mézin ».
En 1900, il obtient un grand prix à Paris, ce qui constitue la plus haute récompense. Mais la véritable consécration ne fut-elle pas déjà ce 2 août 1889, quand LABERTE HUMBERT dépose comme marque de fabrique, le nom de Jean-Baptiste COLIN, avec un seul L, qui permettra à son fils quelques années plus tard, d’écrire dans son catalogue :  « méfiez-vous des contrefaçons ! »
Charles Jean-Baptiste n’est pas un formateur, mais il emploie des ouvriers qui garderont l’empreinte de son style :
Joseph CHIPOT dit Charles CHIPOT-VUILLAUME né en 1853, travaille chez lui après avoir fait son apprentissage chez DERAZEY.
Paul Alexandre MANGENOT né en 1862, dit le Zon, élève de Paul BAILLY y travaille aussi après un séjour chez Joseph HEL.
Enfin Gustave BAZIN né en 1871, élève de DARTE, puis ouvrier d’Emile LAURENT à Bruxelles y reste 3 ans (1889 à 1891), mais il est de loin celui qui garde le plus l’empreinte du maître.
Charles Jean Baptiste  meurt à Paris en 1923, âgé de 82 ans.